mercredi 19 juillet 2017

Deux ans après....

     Deux ans seulement, deux ans déjà....
     Facebook me rappelle ce matin que Colombe est née il y a deux ans dans le bruit et la fureur, le chagrin et la douleur....
    Certes, je vais mieux, parce que j'ai des amis merveilleux qui m'ont constamment entourée depuis deux ans.
    Mais je vois bien que rien n'est encore résolu, et que rien ne le sera tant que je célèbrerai ce funeste anniversaire.....
Je continue à prendre des voies sans issue, et je m'envole dès qu'on veut s'approcher trop près. Y'aura-t-il quelqu'un un jour pour apprvivoiser la Colombe ensauvagée ?

lundi 26 juin 2017

Toujours plus loin, plus fort et plus haut...



     Encore une fois, la température est montée toute la semaine précédente...Je pressens qu'il ne va pas épargner son jouet, et qu'il va encore me pousser un peu plus loin au-delà des limites que je croyais être les miennes...

     L'après-midi débute avec une première séance de cordes, au sol.  Son regard impérieux m'appelle tout près de lui ; je m'avance, le regard planté dans le sien, , avant de baisser les yeux.  Mes bras sont rapidement
retenus en arrière par un strappado bien serré....Il a tressé mes cheveux d'une corde, qui descend à ma cheville, rendant la position de ma tête intenable, ce que je lui dis dans un souffle....Il joue un solo de batterie à la badine sur mes rondeurs exposées, j'aime bien cette sensation nouvelle, et si je me tortille assez rapidement sur le sol, ce n'est pas de douleur :-).  Je sais quelle peine peut infliger l'instrument et  je comprends bien qu'il en use avec mesure....Il m'allonge sur le côté, et pose son pied sur ma tête, puis me tend ses orteils, que je lèche, baise et suce avec autant d''application que de délectation. Puis il me relève et me guide vers le canapé, où il s'asseoit, me faisant descendre à genoux entre les siens, les bras toujours attachés dans le dos.... Je pose la tête un instant sur sa cuisse, goûtant la douceur d'être à ses pieds, juste à ma place, tant cela me semble naturel...Comme il me semble naturel aussi de faire remonter sa chemise du nez et des lèvres, puis de le laisser lire dans mes yeux  l'envie qui m'anime....Je savoure ce sentiment si puissant d'être là pour son plaisir, de n'avoir d'autre choix et d'en être heureuse. Il force parfois son sexe dans ma bouche, me faisant rejeter la tête en arrière, suffoquée, à deux doigts de la nausée, effrayée à l'idée de ne pouvoir la contenir...
     Un peu plus tard :
-  Tu es d'accord pour un orgasme forcé sur le siège de contrainte ?
- Euh, un, pas une douzaine ?
-  Ah moi je n'ai rien dit !
-  Ah mais si, tu as dit : UN !
    Je sais bien qu'il n'en fera qu'à sa tête, mais la petite friponne aime négocier juste pour le plaisir...
     Il m'attache sur l'objet pré-cité, avec un impressionnant nombre de sangles (à vrai dire, il vaut mieux en effet que je ne puisse pas trop gigoter) puis il pose un bandeau de cuir, déjà contraignant, sur mes yeux,  et  un baillon boule dans ma bouche. Je préfère cent fois cela à la cagoule, mais il y a tout de même cette crainte  à l'idée de ne pas pouvoir m'exprimer et le regret de ne pas lire dans ses yeux ce qu'il ressent, ni de le laisser regarder dans les miens jusqu'au fond de cette petite âme innocente et perverse tandis qu'il joue de moi, ou avec moi....Il m'attache des poids que je crois reconnaître aux seins...Et la séance commence : le plaisir devient vite douleur insoutenable, sentiment d'avoir complètement perdu le contrôle du corps qui me trahit, coeur qui pulse des pieds à la tête comme s'il allait éclater...et quand à la fin, ses doigts ou sa langue remplacent l'engin de torture,  c'est tout juste si je fais la différence, et je continue à crier de toutes mes forces... J'ai perdu totalement la notion du temps, jour ou nuit, hier, demain ou aujourd'hui, je ne sais plus...Je ne pleure pas, mais tout de même les larmes ne sont pas loin...Et quand il retire, l'un après l'autre, les poids aux seins, c'est si douloureux que je ne peux retenir mes hurlements. Quand il me libère, ses bras me retiennent car je flageole sur mes jambes... A nouveau, la pression sur mes épaules qui me met à genoux devant lui, à quatre pattes pour baiser et lécher ses pieds...Je suis fière de me soumettre ainsi et de lui rendre hommage. De nouveau la caresse de ma langue et de ma bouche sur lui, et son plaisir qui jaillit sur moi, entre mes seins, comme un don...

     Après le dîner, le dilemme :
- Je te fouette ou je t'attache ?
     Finalement, il opte pour les cordes. J'aime les cordes de la nuit, celles qui apaisent et préparent au sommeil, quand la rumeur du monde se tait...Il me met rapidement en apesanteur, les pieds au bambou au-dessus de moi, puis la tête en bas.....Comme je resterais volontiers longtemps ainsi, presque étonnée que les cordes soient à nouveau si douces après les contraintes qu'il m'a infligées plus tôt....Et à la fin, quand il me délie, ce plaisir que je n'ai pas senti venir,  mais qui coule le long de mes jambes...
     Il a demandé, à propos de la séance de fouet qu'il prévoit le lendemain : "Je pourrai te marquer encore ?". J'aime porter ses marques, que je regarde ensuite s'effacer lentement, m'aidant à patienter jusqu'à la fois suivante... Je viens à lui pour qu'il fasse ce qu'il veut de moi, parce que c'est pour moi une évidence, parce qu'il a pris le pouvoir dès la première fois et que je ne peux ni ne veux lui échapper, Colombe frémissante et fascinée dans le creux de sa main...
    Ce dimanche donc, ce sera fouet en guise d'apéritif ; attachée au mousqueton, les bras au-dessus de la tête, les poignets emprisonnés dans les menottes de cuir bien serrées....D'abord la caresse des martinets, échauffement nécessaire  puis rapidement, les fouets....Devant, derrière, avec une préférence marquée sur mes seins, les rendant vite sensibles et douloureux....Je cherche à me tourner pour lui échapper, mais le seigneur sans merci sans cesse me ramène à lui....Je crie, comme jamais je ne l'ai encore fait, la respiration hachée , ne parvenant plus à apprivoiser la douleur, ne réussissant plus à danser sous les lanières de cuir si cinglantes.... Dix fois je crois que je n'en supporterai pas davantage, toujours incapable de demander grâce, dix fois je me livre encore à lui, tordue comme un serpent au bout d'un bâton, heureuse et consentante victime...Et sa voix, ses mots  qui me font frissonner :
- J'aime te faire souffrir...
- J'aime que tu aimes le faire...
- Tu aimes souffrir ?
- J'aime que tu me fasses souffrir....
Il guide ma main à la fin pour me faire sentir les boursuflures qui parcourent mes fesses, là où il a voulu me marquer.
Est-ce là  ou à la séance suivante qu'il m'a dit "J'avais envie de te faire mal..." ? Dans ces moments si forts, je perds toute notion du temps ou de l'espace, et parfois tout se mélange...
     Un peu plus tard dans la soirée, il a envie de m'attacher à nouveau... Le strappado me semble plus dur et plus contraignant encore que la veille, et le lacing sur mes jambes compromet mon équilibre en me mettant sur les demi-pointes. Mes cheveux sont à nouveau tressés et reliés à la corde qui me retient en semi-suspension, empêchant tout mouvement de ma tête, comme si j'étais attachée à un poteau de torture. Une corde s'enroule sur mes yeux, puis sur ma bouche, me voilà à nouveau aveugle et muette, enfin presque. Je ne suis plus qu'attente inquiète car je crois bien deviner ce qu'il va faire. En effet, le fouet  claque sans pitié, malmenant une fois de plus mes seins toujours sensibles de nos activités précédentes...Je n'ai quasiment pas de possibilité d'échapper aux langues de feu qui me brûlent cruellement...Les cordes rendent le fouet plus intense encore, à moins que ce ne soit l'inverse...Il me semble que ma voix se brise à  force de ne pas retenir mes cris, même sous le baîllon. De temps en temps, il m'offre un moment de répit qui ne dure pas, me prend dans ses bras, me caresse et m'embrasse puis murmure : " Tu as peur, hein ?'  Oui mais j'ai tant confiance en lui que cette peur est en elle-même jouissance profonde..."Tu auras peur la prochaine fois ? " J'ai déjà peur pour la prochaine fois... mais je sais que je ne me déroberai pas à ce qu'il lui plaira de me faire subir...A la fin, de nouveau allongée sur le plancher il me tend son pied à lécher et à baiser.... Puis s'empare du magic wand et cherche encore à forcer mon plaisir, Je suis à bout de forces, du moins c'est l'impression que j'ai....Car l'humidité sur laquelle je suis assise me dit bien  que la fontaine capricieuse sur laquelle je n'ai aucun contrôle et qui jaillit quand elle veut a encore fait des siennes, petit ruisseau plutôt que grand geyser. Il m'assied à nouveau à ses genoux, joue encore avec ma bouche, s'amusant quand je rejette violemment la tête en arrière, cherchant mon souffle...Puis il me fait monter sur ses genoux, bras toujours attachés...Pleinement femme et pleinement soumise, totalement à sa merci et pourtant libre et libérée dans ces moments-là, servante investie d'un pouvoir ancien venu du fond des âges, heureuse du plaisir que je lui donne, qui provoque aussi le mien... Puis il m'allonge en travers de ses genoux et commence à me fesser...C'est plus que je n'en puis supporter après cette belle mais éprouvante séance et je bats désespérément des pieds, tentant de bloquer ses mains, criant et me débattant... Et comme cela ne sert à rien, je finis par demander : "Et si je dis "pitié", ça marche ?". "Il faut dire "pitié, Monsieur !" Va pour "Pitié, Monsieur", quoique la petite rebelle s'étrangle un peu avec le "Monsieur", trouvant curieusement toujours bien plus facile de se mettre à genoux que d'user de titres protocolaires...

lundi 29 mai 2017

Madame rêve....



     Toute la semaine, la tension est montée doucement, cette appréhension joyeuse que j'aime à ressentir....Et le week-end est là, nous sommes enfin sur la route qui n'en finit plus de s'étirer...
     "Si tu veux, tu dors avec moi ce soir...." a-t-il dit. Je ne me suis pas fait prier pour accepter...
     J'ai été "réquisitionnée" il y a plusieurs jours déjà pour les cordes et pour le fouet, et c'est peu dire que je suis impatiente, le coeur battant toujours la même mesure : que va-t-il faire ? que va-t-il ME faire ? serai-je à la hauteur ?...
     Nous arrivons sur le  lieu de la soirée. Nouveau lieu, nouvelles connaissances... Je suis toujours un peu intimidée,  j'observe et j'écoute plus que je ne parle. Mais l'ambiance, bon enfant et décontractée, me plaît. Le buffet, qui nous a été présenté comme un modeste apéritif, est royal.
     Nous descendons d'un étage, là où se trouve le donjon, une très grande pièce pourvue de nombreux accessoires : croix de Saint-André, crochets et chaînes, un "portique" d'où pendent des menottes, un "sling", un pilori....De nombreux invités sont déjà occupés à jouer. Il ne tarde pas à dire qu'il a envie de m'attacher et cherche un point de suspension.
    Une nouvelle fois,  le TK s'enroule autour de moi, dejà familier et pourtant toujours différent, sensations intenses et renouvelées. Je me retrouve rapidement sur la pointe des pieds, puis une jambe pliée en futumomo, puis la tête en bas, toujours étonnée de me sentir si bien dans cette position, petit animal confiant dans les mains qui l'attachent, "la bestiole" comme il dit. Mais la chaleur trop forte va nous faire abréger la séance.
     Après un temps de repos, il m'attache sur l'une des croix. J'aime la danse des martinets sur mon dos et mes deux hémisphères, puis les fouets et et je ne tarde pas à perdre toute notion du monde qui m'entoure, hypnotisée par les caresses du cuir qui me font rapidement onduler de la tête aux pieds....Ca pique, ça brûle, ça chauffe et chaque fois qu'il me griffe doucement le dos de ses ongles, je frissonne violemment,  secouée toute entière par une indicible vague de plaisir...Jusqu'au moment où il murmure à mon oreille "Je peux te marquer ?" Je lui réponds dans un souffle "J'ai envie de porter tes marques".... et si à ce moment, il me proposait de me marquer au fer, je crois que je dirais encore oui, totalement abandonnée, pâmée, envolée dans une autre dimension où n'existent plus que les lignes de feu  qui me parcourent....Le fouet claque, et il s'amuse de mes sursauts quand le bruit éclate trop près de mes oreilles sans que le cracker ne me touche...  Cette belle séance aura momentanément raison de moi, et je m'endormirai un moment, épuisée, détendue, apaisée.
    Mais la configuration de la croix nous a privés tous deux de la la moitié du plaisir, et quand il me propose un peu plus tard de passer à l'avers de la médaille, j'acquiesce sans tergiverser. Cette fois, il me lie les mains avec une corde avant de les attacher au-dessus de ma tête à un anneau, au beau milieu du donjon....Le seul contact de la corde suffit à me plonger dans un état second. J'aime cette danse qu'il mène autour de moi, et je m'offre à nouveau à ses fouets, proie que le chasseur guette parfois d'un regard aigu, et qui, fascinée, n'a plus d'autre volonté que la sienne... Rapidement, mes tétons deviennent sensibles et douloureux, et je me tords sous les coups, revenant toujours cependant à ma place, criant parfois....Je ne crie pas habituellement mais il m'emporte  si loin, au-delà du temps et de l'espace, au-delà de moi-même...Les enroulés du fouet me replongent dans l'extase, d'autant plus que parfois il me serre contre lui, sans pourtant cesser.... Comment décrire ce mélange de tendresse et de dureté qui me projette littéralement hors de moi-même ? Quand je reprendrai mes esprits, sans savoir combien de temps s'est écoulé, ce sera pour me rendre compte que nous sommes maintenant seuls dans le donjon, "depuis un bon moment déjà" dit-il...

 Le lendemain matin, à peine réveillés, il entreprend de m'attacher au lit. Je lui tends mes deux mains, toujours en confiance. Il fait passer mes poignets attachés derrière ma tête et vient fixer le bunny à la tête du lit....Je ne lui en ai rien dit mais c'est l'un de mes désirs les plus secrets, jamais réalisé jusque là, ...J'aime être une nouvelle fois sa proie, impudique et offerte , totalement à sa merci, j'aime qu'il s'empare de moi, joue de moi comme il le veut, me faisant vibrer à son gré....Puis il me fait plier les jambes et les attache, écartées chacune d'un côté du lit, m'obligeant à une ouverture difficile à tenir pour moi... Je goûte encore plus cette immobilisation totale et forcée. Il s'éloigne un instant et je le vois revenir, non sans appréhension,  avec un objet que je reconnais sans peine, cet engin diabolique contre lequel il est impossible de lutter. Je devine assez bien la nature du délicieux supplice qui m'attend...Et en effet, je ne sais plus, bientôt, si c'est exquis ou atroce, cabrée dans mes liens d'une manière qui m'aurait certainement valu le bûcher il y a quelques siècles, tant la succession d'orgasmes qu'il m'inflige est à la fois voluptueuse et douloureuse.... "Possédée"  à tous points de vue, je crie, je gémis, je ris, toute honte bue, insoucieuse de mes amies qui ne peuvent manquer d'entendre ce qui se passe, toute à ses mains...Envie qu'il s'arrête, non,  qu'il continue, non, qu'il s'arrête, non, qu'il continue... Le monde se réduit à cet ici et à ce maintenant, à  ce plaisir si fort qu'il en devient presque insoutenable. De temps en temps, il me regarde, un sourire malicieux aux lèvres qui achève de me faire fondre complètement dans tous les sens du terme... Et je repars de plus belle, explosant dans un feu d'artifice de sensations, où il me semble que chaque centimètre carré de ma peau est devenue une zone érogène à haute tension, que le moindre effleurement fait crépiter...
     Après un bon déjeuner et une sieste bien méritée, il semble bien que nous n'ayons pas épuisé l'envie des cordes....Il me place à genoux devant lui sous le point de suspension et je me retrouve rapidement en semi-suspension cuisses écartées, genoux pliés, les talons aux fesses, et la tête retenue en arrière par mes cheveux tressés d'une corde....Etonnée tout de même de me sentir si bien dans une postion pour moi aussi improbable, caressée par le soleil qui inonde la pièce et par les cordes. Je ne me lasse pas d'être ainsi livrée à celui qui m'attache et me contraint, et dont les cordes, pourtant, me libèrent une nouvelle fois, permettant cet envol magique que je ne peux m'empêcher d'éprouver.  Il me détache en partie mais c'est pour m'attacher différemment, sur le ventre cette fois, dans une position légèrement moins contraignante, qui m'interdit cependant de poser la tête sur le sol, rejetée en arrière qu'elle est encore par la corde qui tient mes cheveux. Il pose un tenugi* sur ma bouche, solidement noué à l'arrière de ma tête. J'aime cette sensation-là, et je ne peux m'empêcher de lui jeter un regard malicieux par-dessus le baillon tandis qu'il prend des photos...Sa voix murmure "Tu es trop belle comme ça...." et c'est aussi comme une caresse... Puis je le vois s'approcher du sac en tissu maintenant vide où se trouvaient les cordes. Je sursaute car je comprends immédiatement  ce qu'il a en  tête, et ne peux m'empêcher de protester malgré le baillon, secouant la tête  tandis qu'il me coiffe du sac et en noue les poignées autour de mon cou.... Avoir la tête recouverte est une terrible source d'angoisse pour moi depuis toujours, j'ignore pourquoi. Peut-être la peur de ne pouvoir communiquer avec les yeux ? L'impression d'être coupée du monde ? S'il ne me caressait pas le dos de sa main, si je ne sentais pas sa présence à côté de moi, je crois que l'affolement achèverait de me gagner.... Il le sent et ne me laisse pas longtemps dans cette situation inconfortable. Puis il me prend dans ses bras mais ce moment de calme ne dure pas car il use à nouveau sur moi d'une minuscule machine infernale, et je ne tarde pas à avoir l'impression que je vais finir par me désintégrer en mille petits éclats de lumière,  le coeur qui galope  comme un cheval emballé, chaque parcelle de moi semblant animée d'une vie propre et indépendante.... Je supplie que cesse le délicieux tourment, mais s'il arrête, c'est pour me donner une magistrale fessée. La petite peste impertinente refait surface à ce moment-là, et mes pieds libérés protestent avec énergie contre ce traitement, tandis que je tourne la tête pour le fusiller du regard. Et à ma grande indignation,  cela le fait rire !
Après, vient le temps de la descente, ce moment de douceur si nécessaire à retrouver le sens des réalités...Il est déjà plus tard que l'heure prévue pour le départ , mais nous n'en avons aucun regret...

* baîllon de tissu japonais


lundi 15 mai 2017

Jeux de maux....

Dimanche 14 avril 2017

Après des heures de tortures exquises....

Moi : - Non non non, je n'en peux plus.....
Lui : - Il y a un mot pour ça !
Moi (perplexe) : Ah bon ?
Lui : Ca commence par P....
Moi (triomphante) : Pardon !
Lui : Non.. (il continue en attendant)
Moi (oubliant que je n'en peux plus) : Par P ? A part "pardon", je ne vois pas....
Lui (moqueur) : P-i....
Moi (soulagée d'avoir trouvé) : Pitié !

Je me demande tout de même pourquoi le premier mot qui me vient à l'esprit est "pardon"...Qu'a-t-elle  à se faire pardonner, la petite "flicka"* qui s'excuse toujours de tout mais ne sait pas demander grâce, et qui ne sait plus pleurer ? A-t-elle honte, se sent-elle coupable de demander une pause, comme si elle craignait toujours de ne pas être à la hauteur ?

*petite fille, en suédois mais aussi un souvenir littéraire d'enfance pour moi (My friend Flicka, de Mary O'Hara, très beau roman américain qui raconte l'histoire d'un apprivoisement)

samedi 29 avril 2017

Lignes d'écriture


Deux fines lignes rouges sur mon sein, presque parallèles, presque invisibles.... Je suis du doigt leur relief léger, rêveuse, en espérant que jamais elles ne s'effacent... Je sais bien qui les a faites, quand,  pourquoi, et comment.... Ce qui les a précédé, et ce qui les a suivi.... Mais c'est une autre histoire que je vous conterai peut-être un autre jour J

lundi 24 avril 2017

A tale of two ropes

Dimanche 2 avril 2017

     Au cours de ce très beau week-end belge, j'ai fait la connaissance d'une autre encordeuse, maskandmirror...
    maskandmirror a accompagné ma longue descente après la première séance avec D.et m'a proposé de m'attacher plus tard. Je n'ai pas hésité, charmée par ses cordes si spéciales,  que j'ai vues sur une autre invitée la veille.
     Elle a choisi de m'attacher dans mon "pyjama de voyage", dont la veste évoque un haori (sorte de kimono court), et de n'utiliser qu'une corde mais une autre viendra rejoindre la première un peu plus tard.
     Si les cordes de D. chantaient une musique sauvage à mes oreilles, celles de maskandmirror me racontent une histoire, sur fond de musique indienne...Elle m'attache au sol, semble faire, défaire, et refaire, ne me laissant jamais le loisir d'imaginer ce qui va suivre....et m'emportant dans un étrange voyage, où je suis tour à tour petite fille ou princesse captive, et où je me laisse emmener dans des paysages imaginaires qui évoquent des estampes japonaises ou des "anime", ces dessins animés dont j'aime par-dessus tout les décors si poétiques et souvent oniriques....Paysages d'arbres, de collines et d'eau, et ce sentiment impalpable d'entendre les feuilles qui bruissent et l'eau qui coule....
     Je me laisse emporter par les corde qui m'immobilisent, le buste relié à la cheville, sans me contraindre, car j'ai les bras libres. Les cordes sont tour à tour douces et sensuelles, glissant sur moi comme pour m'hypnotiser puis plus dures, se serrant parfois brusquement. 
     Puis vient le moment où je suis vraiment immobilisée, les bras dans le dos, dans un TK que je n'ai jamais encore expérimenté. Mask le relie à la "pierre de Khor_Ba", un bloc qui doit peser ses 10 kg assez facilement, puis se ravise et m'allonge sur le ventre. Cette fois, elle réalise une sorte de futumomo qui ploie ma jambe quasiment talon à la fesse, le défait à nouveau puis me rattache la cheville avant de la relier à la pierre. Puis c'est ma 2ème jambe qui se trouve à son tour reliée à la pierre, en une sorte de figure ésotérique plus ou moins triangulaire, où la pierre est posée entre mes deux genoux. J'ai le sentiment que la pierre retient mon corps à la terre, comme un ballon captif,  alors que mon esprit s'envole vers des cimes imaginaires... il me semble que cette fois je suis en quelque sorte à l'extérieur de moi-même, au-dessus de  cette enveloppe charnelle, Colombe plus que jamais libérée par les cordes qui l'attachent.
     Là je suis définitivement partie dans mon rêve intérieur, et je me laisse bercer, envoûter par les cordes de maskandmirror, qui semblent glisser sur moi, dans une enveloppante douceur.... Je me sens bien, apaisée, heureuse. Elle détache mes jambes, puis les rattache, laisse traîner une corde sur mon visage, une caresse que j'aime, où je sens à la fois le toucher de la corde et son odeur.
   
      maskandmirror m'a prévenue que ses cordes pouvaient faire remonter certaines émotions, et lors de la "sortie de cordes" je suis un peu étonnée mais pas surprise, de sentir des larmes couler sur mes joues. J'ignore quelle "corde sensible" cette séance a touché en moi, mais elle a été intense d'une manière inédite, me faisant descendre au plus profond de moi-même...et je ne tarde pas à m'endormir dans un fauteuil, épuisée (et ce ne sera que la première fois de la journée !) 

En écrivant ces lignes, je retrouve cette sensation d'apaisement si particulière et me sens bien, Colombe pour une fois calmement posée.... Je ne suis pas près d'oublier cette belle séance, merci à toi, maskandmirror....

dimanche 16 avril 2017

Ce que semenawa veut dire...



Samedi 1er, dimanche 2 et lundi 3 avril 2017

Ropes : latachant - Pics : thierry2011 - model : me
   
Comment raconter l'indicible, l'ineffable,  l'intraduisible... ?

     Un mois et plus que j'attends ce week-end là... Depuis que ma chère protectrice m'a dit que nous le passerions en Belgique, chez Latachant, dont j'ai pu admirer le travail dans les cordes lors d'une soirée de l'AdJ, organisée non loin de chez moi.
     Quelques jours auparavant, D. a écrit à L. qu'il voulait "un ticket pour attacher [sa] Lily" après la publication des photos de l'une de nos séances hebdomadaires.... J'ai été, je le confesse, très fière de cette reconnaissance de notre travail à toutes deux. Et là je me sens à la fois émue et fébrile, inquiète aussi, toujours ma confiance en moi, ou plutôt son absence...
     Nous ne sommes pas arrivées depuis très longtemps et D.ne tarde pas à renouveler son invitation, que j'accepte, avec un coeur qui bat la chamade.
     Me voilà quasiment nue sous le bambou qui occupe une place de choix dans le très beau donjon qu'il a installé chez lui.
     Dès le premier moment, je sens que cette séance va être différente de tout ce que j'ai pu connaître.... D. presse une corde autour de mon cou, bloquant légèrement ma respiration, juste ce qu'il faut pour que j'oublie le monde qui m'entoure. Prise de pouvoir intense qui m'emporte comme un vent de tempête..Puis vient la caresse sensuelle des cordes sur mon corps, qui me fait violemment frissonner de la tête aux pieds. Parfois, la corde se serre brusquement, me coupant brièvement le souffle... Je reconnais bien le TK qui s'enroule autour de moi, celui que L.utilise depuis plusieurs semaines et qui est celui de D.,celui qu'il a créé. Mais là les tensions sont plus fortes, la contrainte aussi... Je suis déjà ailleurs, abandonnée, confiante dans les mains qui continuent leur danse sur moi. La musique intérieure qui m'accompagne n'est cependant pas la même que d'habitude... Plus sauvage, plus sensuelle, un vibrato intense qui me secoue toute entière... Je m’envole rapidement, avec un futumomo* à la jambe droite …
Ropes : latachant
 Pics : thierry2011
 model : me
Tout s’enchaîne avec cette même fluidité qui m’avait tant émue, ce fameux soir à l’Angélus...Deuxième futumomo*, puis tête en bas, pendant quasiment ¾ d’heure me dira L. Exquise torture des pinces en bambou sur mes seins. Je ne suis plus que sensations, peau qui frissonne à la moindre caresse, Colombe prisonnière et heureuse de l'être, totalement inconsciente des regards des autres. Reddition sans condition, je me donne totalement à celui qui m’attache, me libère, noyée dans les regards intenses qu’il me lance parfois... A la fin, il me mord doucement l'épaule, un geste qu'il aura aussi lors des séances suivantes, et j'aime cette morsure, comme un sceau sur ma peau...Il me délie et m’asseoit à ses pieds, étirant mes bras vers l'arrière, Colombe aux ailes déployées qui n'a pas du tout  envie de redescendre sur terre...
     La descente sera longue, à la mesure de l’intensité de cette belle séance....et doucement accompagnée aussi par Mask and Mirror, une autre attachante attacheuse....mais ceci est une autre histoire que je vous conterai un autre jour :) (très vite, c'est promis). Tant de belles choses et de belles rencontres durant ce week-end, qu'il est difficile de tout raconter en même temps.

Whips : latachant
  Pics : thierry2011
  model : me
    Plus tard ce même jour, il y aura le fouet...un lâcher-prise différent mais tout aussi intense, tout en crescendo, pendant une trop courte éternité. Comme toujours, je ne peux m'empêcher d'onduler sous le rythme cinglant du cuir, qui m'hypnotise et me libère...D'abord les martinets, caresses piquantes qui ne tardent pas à échauffer ma peau et mes sens....Comme un prélude au violon, pizzicato,  avant l'entrée en scène du fouet, à la tonalité plus grave et plus profonde. Là aussi, D. est un maître, qui fouette à deux fouets. D'abord les jordanians, à plusieurs mèches, plus proches des alti dans ma symphonie intérieure, puis les single tails, un d'abord, puis deux, à la voix grave de contrebasse. Leur musique résonne à mes oreilles, tandis que je sens plus que je ne vois sa danse autour de moi, les lanières sinueuses qui s'enroulent autour de ma taille, de mes seins, par derrière, par devant, cette caresse de cuir que j'aime entre toutes....

     Le lendemain, D. absent le matin, revient dans l’après-midi. Dans nos regards qui se croisent et les sourires que nous échangeons, il me semble lire la même envie, la même attente...Il me demande si je suis prête pour une séance de cordes « SM »...Je ne réponds pas tout de suite, m’interrogeant sur ce que cache ce terme... Je lui demande juste de ne pas utiliser le fouet, car séparément le fouet et les cordes sont pour moi d’une grande intensité, et la conjonction des deux est, je le sais, capable de me pousser à l’évanouissement. D. me rassure mais refuse de répondre à davantage de questions, avec un petit sourire... Ma réponse est, bien sûr, positive, joueuse et curieuse que je suis....
     De nouveau le TK s’enroule autour de moi, tensions fortes et intenses...D. a dit que la contrainte des cordes serait légère et le reste plus difficile. Je le regarde tresser une sorte de chainette, après un harnais de taille tout simple, me demandant ce qu’il compte en faire...Je ne tarde pas à comprendre, quand la chaînette vient se poser sur mon intimité et remonte le long de mes fesses...La « crotch rope », « corde de chatte » comme le dit drôlement l’une de mes amies Tout moi est en éveil, attentive, mais je ne peux retenir un gémissement quand la corde se tend, me mettant sur la pointe des pieds... Si je cherche à les poser davantage au sol, la corde vient se rappeler à mon bon souvenir ; si j’essaie de rester sur les demi-pointes, la fatigue se fait rapidement sentir....D. a attaché une corde à l’une de mes chevilles, et je m’envole une nouvelle fois, avant de me
Ropes : latachant
Pics : thierry2011
model : me
Toujours cette délicieuse impression
 d'être petite et fragile....

retrouver la tête complètement en bas....Il dira plus tard qu’il n’avait pas du tout l’intention de me mettre en suspension, mais que je l’ai fait toute seule et qu’il m’a accompagnée.... La douleur devient extase, de nouveau l'envol...Mes yeux s’agrandissent quand je le vois prendre des pinces à seins... J’appréhende toujours car j’ai les seins particulièrement sensibles ; je gémis de plus belle quand elles se referment sur mes tétons, d’autant que D. y attache des poids en forme d’étoiles... Pourtant, j’aime la douleur exquise qui se propage en ondes concentriques jusqu'à mes orteils... Plus qu’hier encore, je ne suis plus que chair qui sent et qui ressent, proie consentante et offerte, qui accepte la domination du maître des cordes et du plaisir, car oui, c’est bien de plaisir qu’il s’agit... Je ne sais plus où finit ce plaisir, où commence la douleur, à moins que ce ne soit l’inverse. Mes yeux fermés ne s’ouvrent que pour perdre mon regard dans le sien... 
     Je ne peux cependant retenir un sursaut de frayeur quand je le vois s'emparer d'un couteau de chasse aux dimensions impressionnantes... Mais ma confiance est telle que je m’en remets à lui totalement. La pointe du couteau trace des entrelacs sur ma peau, je suis au-delà de la peur, au-delà de la douleur, j’ai totalement lâché prise et j’ai l’impression en m’offrant ainsi à la lame de lui rendre un peu ce qu’il me donne...
     Comme je serai fière, les jours suivants, de regarder les estafilades qui me parcourent dans le miroir, et comme j’aimerai à les suivre du doigt, en souhaitant qu’elles ne s’effacent jamais...
     Le moment où les pinces sont ôtées est toujours le pire et je ne peux retenir un gémissement.
     Il me remet à l’endroit, et la corde posée sur mon sexe mord à nouveau durement la tendre fente, malgré le tissu léger qui me protège un peu, m’arrachant un nouveau cri... Je sens l’humidité sur mes cuisses, qui dit l’effet du moment. Puis, de nouveau la descente, pas tout à fait le calme après la tempête car tout en me déliant, à genoux devant lui, il serre parfois la corde sur mon cou, sur ma poitrine, me coupant brièvement la respiration, me rappelant qu’il est celui qui décide et que, dans ces instants magiques, je suis entre ses mains...  « Petite bête de course » dira-t-il un peu plus tard, un compliment qui me va droit à l’âme... Epuisée, je m’endors dans un fauteuil, sentant à peine que O. me couvre de mon kimono.
     La dernière séance, avant le départ, c’est moi qui oserai la demander, un redoutable effort pour une Colombe que rien ne guérit de sa timidité.... Il aquiesce avec un sourire, et tandis que je suis à nouveau nue sous le bambou, il me glisse qu’il a appris que j’avais aimé la séance de la veille au soir, avec SR comme modèle... C’est vrai et j’ai d’ailleurs dépêché ma chère protectrice afin qu’elle puisse la reproduire avec moi dans les jours qui viennent. Je lui demande s’il souhaite que j’attache mes cheveux et la réponse fuse : « Je me débrouillerai très bien moi-même  ! »... Et en effet, il tresse une corde dans ma crinière, dont je devine bien qu’elle ne va pas rester purement décorative... Puis de nouveau, le TK, sensations à la fois identiques et nouvelles, serrages brusques qui me coupent le souffle. Cuisses ligotées, tête en bas, puis allongée sur le côté...Natte tendue qui m’interdit tout mouvement trop brusque. A quel moment a-t-il tressé à nouveau la « crotch rope » ? Je ne sais plus, toute entière concentrée sur le voyage... J’ai juste le temps de penser que cette fois, je ne mettrai pas en suspension, mais c’est peine perdue car il y a pris goût... Je crie, car le petit abricot est encore sensible de la veille, et je cherche à croiser les pieds sur le bambou pour soulager la tension. Il s’inquiète et me demande si c’est trop dur... Je réponds dans un souffle que ça va, mais que je ne pourrai pas supporter très longtemps la position. Il me remet rapidement en yoko tsuri* sur le côté. Sa main chaude et douce me caresse le visage, je la lèche et la mordille, tète son pouce, le souffle court, le cœur emballé...Petite marionnette aux mains de son tourmenteur, je plane littéralement mais ses doigts sur la plante de mes pieds me font
Ropes : latachant
 Pics : Sade Liza
 model : me
sursauter. Je fuis ses mains,  et n'y parvenant pas,cherche à lui donner des coups, éclatant d’un rire nerveux où les larmes sont proches, le suppliant d’arrêter. Mais bien sûr le moindre sursaut génère des tensions difficiles d'un côté ou de l'autre, aussi je ne tarde pas à essayer de rester plus immobile. Il passe de mes pieds à mes tétons qu’il tord sans pitié, provoquant de nouveaux cris. Et me demande, un brin sadique, si je préfère les chatouilles ou les seins, tandis que ma « protectrice », qui ne perd rien pour attendre, lui crie : « Les deux à la fois ! »...., . Le choix entre Charybde et Scylla, en somme !   Puis vient à nouveau le temps de la descente, ma tresse qui s’enroule et se serre parfois autour de mon cou, les cordes qui se délient puis se serrent tour à tour, sur ma gorge ou sur mon buste, me coupant le souffle. Il s’allonge à côté de moi, et m’entoure de son bras... Je m’y love, nue contre lui, apaisée, détendue, dans un demi-sommeil....Sa respiration se fait plus régulière dans mon dos et nous récupérons ainsi tranquillement, ignorant des autres, dont pour ma part, je ne sais même plus s’ils sont là ou non...Puis vient le retour au monde, ces derniers instants où il me tient dans ses bras, dans la bulle où je me sens si bien que je voudrais ne jamais bouger... L’heure du départ va pourtant bientôt sonner, et si je pars à regret, du moins ai-je des souvenirs en abondance...
     Ce week-end, j’ai bien compris la signification de « semenawa », la corde du tourment, mais aussi la corde du plaisir donné et reçu, le don de soi et la douleur offerte...et je n'ai qu'une envie : recommencer !

Merci à Latachant pour ces magnifiques moments et pour sa généreuse hospitalité
Merci à tous ceux qui ont contribué à la magie de ce week-end : ma protectrice L, Mask and Mirror, Dame C. qui a assuré brillament l'intendance; JMPDS,O,  et notre photographe officiel B,  sur la brèche tout le week-end, J, AS et Lo, SR.

* faute de mieux, j'utilise les termes japonais que je connais pour décrire les figures, mais le style de Latachant n'appartient qu'à lui...