dimanche 10 juillet 2016

Se souvenir des belles choses...

Mardi 14 juin 2016


     Ce jour-là, il donne un cours, à un élève qui lui a été adressé par l'un de ses amis et qui doit venir avec un modèle que nous connaissons, M-R. Il m'a demandé d'être là, car il préfère montrer sur moi et faire répéter l'élève sur M.
     N. est un homme encore jeune, ouvert et sociable et nous sympathisons rapidement tous trois. Il se révèle très vite doué pour les cordes, comprenant et mémorisant rapidement à la fois les gestes et l'esprit du shibari.
     Notre M. est comme à son habitude, extravertie et chahuteuse, n'hésitant pas à entraîner N. dans ses jeux. Je sens que la tension monte chez le professeur, qui n'apprécie que modérément ces débordements.
     Il nous envoie toutes deux voir momentanément ailleurs s'il y est, et pour M. manger quelque chose. Après cette pause, le cours reprend et cette fois le modèle est beaucoup plus sérieuse et concentrée ; cette deuxième partie est très belle à regarder, l'alchimie se fait entre N. et elle, sous la houlette de P, que je vois enseigner pour la première fois et qui se révèle aussi bon pédagogue que je l'imaginais (et je crois être malgré notre complicité, assez objective en la matière). Ses gestes sont, comme toujours, précis et sûrs, et ses explications très claires... C'est un grand plaisir de le voir heureux de partager ses connaissances et sa passion, et de l'écouter.
     Il a proposé à N. de revenir pour partager notre dîner et revoir quelques bases techniques... Il veut aussi le faire travailler, je le devine, avec moi, qu'il sait plus calme et concentrée que notre jeune amie, plus patiente aussi.
     Je suis un peu inquiète : je suis tout de même moins jeune et moins souple que M., moins expérimentée aussi,  et je crains que N. n'ait pas du tout les mêmes sensations. Mais, très vite, après un dîner chaleureux et sans façons, la magie opère et nous nous accordons, N. et moi, sous l'oeil du professeur. Mon attacheur n'est pas prêteur, et ne souhaite pas que je sois attachée par d'autres, à l'exception de ma chère élève attacheuse sur l'Ile Enchantée... Une règle que je respecte scrupuleusement, d'autant que je n'éprouve pas l'envie d'être attachée par quelqu'un d'autre...Etre le support de son cours, prêtée comme un objet précieux à son élève, a quelque chose de sensuel et de délicieux...
     J'aime particulièrement ce moment où à genoux de part et d'autre de moi, ils dessinent chacun une échelle sur mes jambes, et je les fais rire en leur disant que c'est bien agréable d'avoir deux hommes à ses pieds !
     Puis N. va réaliser, sous sa supervision, sa première vraie suspension, très bien faite, et dans laquelle je me sens très confortable...
     Le cours va se prolonger jusqu'à minuit, à la satisfaction générale des protagonistes...
    Je dois me lever tôt le lendemain, mais après cette belle leçon, j'ai envie d'être attachée par lui, et je lui fais part de ce désir. Il n'hésite pas longtemps, je crois qu'il en a envie autant que moi, car il y a de la magie dans l'air ce soir....
    La corde est sensuelle et joueuse dans le silence de la nuit, et nos souffles se mêlent tandis qu'elle s'enroule autour de moi... Il refait les gestes qu'il a montré en cours, bloquant ma tête dans son coude, avec une légère pression sur ma jugulaire.... Il sait que sans aller à l'étranglement (un fantasme que je n'ai absolument pas), j'aime la sensation d'être fragile et complètement à sa merci, violon toujours bien accordé dont il joue à son gré. Nos mains s'effleurent et se caressent tandis qu'il m'attache, marques de complicité silencieuse et douce... Le TK contraignant m'oblige à rester à demi suspendue sur la pointe des pieds, mais l'inconfort même de la position me met quasiment au bord de l'orgasme... Et je frémis de la tête aux pieds quand il me dit que s'il n'était pas si tard, il me bastonnerait bien les pieds avec le bambou.... Mes pieds sont très sensibles mais c'est une douleur exquise que j'apprécie... Par égard pour le sommeil des voisins, il renonce... Il fait durer le plaisir en fumant une cigarette et en buvant un verre d'eau fraîche dont il me détaille les délices... Il sait bien que j'ai soif et m'en sers un également dont je ne peux évidemment pas profiter, toute attachée que je suis toujours à mon bambou... "Sadique" devient un mot doux sur mes lèvres tandis qu'il rit, très fier de lui. Il défait la suspension mais pas le TK, puis enroule la corde ainsi récupérée autour de mon cou, exerçant une légère pression sur ma trachée,  retourne s'asseoir et me dit de prendre 3 minutes, pas plus, pour ressentir les effets de cette nouvelle expérience....En effet, je me rends compte que le sang me monte un peu à la tête et que sans être asphyxiée, je ne peux respirer à pleins poumons non plus. C'est étrange et nouveau, mais pas désagréable, bien au contraire et ma confiance en lui est toujours si entière que je ne risque pas de paniquer.... Après ces quelques minutes, il m'ordonne de me mettre à genoux et de ramper vers lui. Il me faut quelques secondes pour enregistrer l'ordre mais je me laisse couler à plat ventre et m'exécute, tant bien que mal.... Quand je baisse les mains dans mon dos, la corde se serre très légèrement autour de mon cou, et je fais vite attention de ne pas provoquer cela plus que nécessaire. J'aime me sentir à ce point sienne, et j'aime ce nouveau jeu, aussi jouissif pour l'un que pour l'autre. J'arrive à ses pieds, que je baise respectueusement. Je sais qu'une fois de plus, j'ai relevé le défi imposé, sans hésiter et que cela lui plaît. Il me dit de me remettre à genoux, puis de boire, ajoutant que puisque je ne peux pas saisir le verre, je peux laper. Cela me fait rire, c'est d'ailleurs curieux que pour moi cela reste toujours un jeu, et non pas une humiliation, sans doute parce que je n'ai pas le sentiment que c'est ce qu'il recherche. Il faut dire qu'il n'est pas facile de me faire honte, il le sait bien.... Je lape quelques lampées d'eau fraîche au verre bien rempli, puis parviens à le saisir avec ma bouche et à le renverser légèrement pour boire encore. J'ai bien en tête l'image de ma chatte persane faisant de même, et je m'applique à offrir un tableau que j'espère joli....Je ne le regarde pas, mais je n'ai pas de peine à deviner son sourire dans mon dos.... Il entreprend de me détacher, serrant encore la corde sur mon cou et me caressant avec, tandis que je m'abandonne contre lui....
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Il est deux heures du matin, et je m'endors, souriante et détendue... Quand le réveil sonnera, quelques trop courtes heures plus tard, il est 5h et Paris s'éveille en même temps que moi... Je me fais discrète pour ne pas le réveiller et m'en vais, un peu fatiguée, mais pleine d'une énergie positive tout de même, rembobinant le film de cette belle séance, dialogues compris....


Se souvenir des belles choses, et d'elles uniquement....

lundi 20 juin 2016

Sunday Ropes

Dimanche 12/06/2016

     "Prends un kimono dans l'armoire ! Le blanc !"
     J'ouvre l'armoire et fais remarquer qu'il n'y en a pas de blanc....
     "Le crème,  quoi !"
     Oh celui-là.... Des mois qu'il l'a acheté,  ce kimono magnifique que j'avais trouvé sur un site japonais,  me le soufflant tandis que j'hésitais encore... Des mois que je rêve de le porter dans ses cordes et que jamais encore il ne m'a autorisée à le faire.  Et là,  comme un cadeau,  pour cette séance dont rien n'indique qu'elle doit être spéciale... Après des moments difficiles où ce qu'il m'impose est parfois si lourd à supporter que je me révolte et que je m'enfuis, soumise rétive, qui ne parvient pas à s'abandonner totalement autrement que dans ses cordes ou sous son fouet ... Après que sa voix, au téléphone,  m'ait rappelée, me faisant comprendre que j'ai ma place à ses pieds... Après des moments de discussion où j'ai pu évoquer ce que je ressentais,  où il a expliqué,  patiemment,  sa propre vision de cette relation étrange,  douce et amère à la fois.
     Il m'attache, et ma soumission devient, comme chaque fois, une évidence... Dans les cordes je me donne à lui,  totalement,  sans conditions, tâchant d'être le modèle qu'il a créé au fil des mois, Galatée imparfaite à laquelle il a redonné vie.. Et l'envol,  une nouvelle fois, ce moment de grâce toujours renouvelé, ce pas de deux dans lequel notre complicité éclate jour après jour...
     Il prend des photos,  à chaque étape. Et je tressaille,  quand il me dit à la fin qu'il n'est pas satisfait. Tout de suite,  il me rassure :  jamais je n'ai été aussi belle dans son objectif,  c'est son travail qu'il juge avec sévérité. Mais les photos qui s'affichent sur l'écran ne me semblent pas du tout lui donner raison....

jeudi 9 juin 2016

Aller simple pour le Paradis :)

Mercredi 8 juin 2016

L'invitée de cette session des Ecrits Polissons était une nouvelle fois Eva Delambre, qui présentait son dernier roman, L'Envol, suite du précédent opus.
J'ai déjà eu l'occasion de dire ici à quel point j'aime l'écriture d'Eva, si juste et si belle, et combien je me retrouve dans ses écrits. Je ne peux que vous encourager, une nouvelle fois, à lire ses romans, les seuls évoquant le BDSM qui me fassent vibrer depuis Histoire d'O, de Pauline Réage, sans doute parce nos visions sont proches. Eva n'est pas seulement un excellent auteur, c'est aussi une belle personne,  à tous points de vue. C'est toujours un plaisir de l'écouter parler, et de ressentir la complicité qui l'unit à son maître, un homme charismatique qui inspire le respect,...
De plus, le jeu d'écriture du soir a permis à mon groupe de remporter l'un des quatre exemplaires du roman d'Eva. Je ne peux que remercier chaleureusement mes co-équipiers pour ce travail commun et pour m'avoir permis de garder le livre....
Chaque participant s'est vu remettre à son arrivée un ticket pour l'enfer ou pour le paradis, et Flore dévoile les contraintes d'écriture du soir.... Il faut se réunir en groupe de 2 à 4, en possession du même ticket et rédiger une "lettre de motivation" pour obtenir son passage dans le monde opposé, en 30 minutes chrono. Arrivée en retard, on me laisse choisir, et comme j'ai retrouvée une amie, Chloé la brune délivrée, je décide d'un petit voyage en enfer en sa compagnie et en celle de Stéphane et Valérie.
Voici le résultat de nos cogitations communes (je n'ose écrire : de notre séance de masturbation intellectuelle :D ) :

Cher Saint-Pierre,

     Je ne comprends pas vos motifs pour me refuser le Paradis.
     Dans ma vie terrestre, je me suis efforcé de faire plaisir à la moitié au moins du genre humain par diverses pratiques.
     Titulaire d'un Master en Domination, option fétichisme, j'ai su mener les anges qui se sont confiés à moi à dépasser leurs limites. Je leur ai fait du bien en leur faisant mal, elles ont atteint le subspace, ce nirvana des soumises grâce à mes bons soins. 
    J'ai guidé 12 soumises (recommandations sur demande), distribué des milliers de coups de fouet, et obtenu le déclenchement de 25% de fontaines, causant la ruine de centaines de draps de soie.
    J'ai honoré votre collègue Saint-André à de nombreuses reprises, envoyant ainsi mes soumises au 7ème ciel, cet avant-goût du paradis.
    En bon professeur, j'ai initié mes élèves aux délices sensuels du shibari, de la cire chaude, et les ai conduites sur le chemin sombre et tortueux de la sodomie, avec un taux de réussite orgasmique de 95%.
    Par mes références en matière de flagellation, je suis hautement qualifié pour donner toute satisfaction à vos amis de l'Opus Dei.
   Pour avoir fait tant de bien autour de moi, nul doute que vous consentirez à m'ouvrir toutes grandes les portes du Paradis.
Je reste à votre disposition pour un entretien oral, afin de vous démontrer mes compétences.

M comme Maître




dimanche 5 juin 2016

Ma première Nuit Démonia...

Vendredi 03 juin 2016



     Je l'attendais depuis des années, cette Nuit Démonia.... Jamais je n'avais pu y aller avec mon ancien maître, et l'une des premières choses que je m'étais promise après notre séparation l'été dernier, c'était que rien ni personne ne m'empêcherait d'y assister en 2016...
     Je guettais avec fièvre les messages concernant la soirée sur Facebook, prévoyant déjà de m'y rendre en bande avec des amis... Et en novembre dernier, lorsque j'ai fait la belle et décisive rencontre de Celui qui m'attache et me domine, c'est l'une des premières choses qu'Il m'a promises, que nous irions ensemble....
     Combien j'ai douté que nous irions, incertaine jusqu'à la dernière minute de tout et de rien... Changement inattendu de lieu et de date : les Crayères de Monquartier ne répondent plus aux normes de sécurité, et les organisateurs doivent trouver en urgence un autre lieu ; changement de date, très ennuyeux pour moi, du samedi au vendredi, alors que je travaille le samedi...
     Mais non, c'est dit, rien ne m'empêchera d'y aller...Même les grèves et les crues qui rendent les transports très difficiles en Ile-de-France en ce trop pluvieux mois de juin ne m'arrêteront pas !
     Et nous voilà le jour J, je le rejoins  chez Lui, où il m'attend avec une jeune amie venue de Russie. Le nouveau lieu est très proche des Champs-Elysées, et je crains qu'il ne soit difficile de se garer... mais nous trouvons une place à quelques minutes du Pavillon des Champs-Elysées où se déroule la soirée. Il y a une file d'attente importante devant l'entrée, mais nous rentrons rapidement, ce qui ne sera apparemment pas le cas de tout le monde, car certains, pourtant munis de billets se verront refuser l'entrée en raison de l'afflux trop important pour la capacité de la salle, après une longue attente.
     J'enfile rapidement ma crinoline noire, et me voilà prête... Il fait déjà très chaud et j'enlève sans hésiter mon petit haut de plumetis noir, exposant mes seins nus au-dessus du serre-taille, simplement habillée de mon collier... Je ne suis jamais gênée de cette quasi-nudité, j'aime être à l'aise. L'attente aux vestiaires nous dissuade d'y laisser quoique ce soit et nous aurons nos sacs toute la soirée... Peu gênant pour moi, c'est un sac à dos, mais le sac qui contient Ses cordes est bien encombrant et lourd, et on ne peut l'abandonner dans un coin car leur contenu est précieux...
     Je retrouve très rapidement un grand nombre d'amis et nous échangeons de joyeuses salutations et des exclamations devant les costumes des uns et des autres...Les shows se succèdent sur la scène : des danseurs couverts de paillettes, une danseuse japonaise magnifique....J'en aperçois de bribes mais il est difficile de s'approcher.

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    Le spectacle est aussi dans la salle : les costumes étranges et travaillés sont nombreux, et les maquillages souvent extravagants aussi... Mon costume m'attire de nombreux compliments de gens connus ou inconnus, ce qui me fait très plaisir car je n'atteins pas le niveau d'extravagance que je vois autour de moi...Je remarque une sorte de Reine des Neiges toute en blanc avec un corset de vinyl, accompagnée d'un Zorro tout en noir, un légionnaire (qui doit avoir bien chaud),  une jolie robe de latex que je pense avoir vu chez Mademoiselle Ilo, et diverses créatures exotiques....Il y en a tant qu'il est difficile de se souvenir de tout...
Les costumes que j'ai préféré
     La foule est dense, et atteindre le bar relève de l'exploit. Il m'envoie me "faufiler" pour demander un Coca pour son amie.... Je veux bien me faufiler, moi, je ne suis pas bien grande et ce n'est pas difficile...mais attirer l'attention du barman n'est pas simple, et même si je remarque qu'il fait attention à l'ordre des arrivants, il me faut encore non seulement lui passer la commande, mais ensuite réussir à rapporter le verre sans en renverser une goutte pour le donner à sa destinataire....Mais bon, depuis l'épisode du café attachée, il doit avoir une haute idée de  ma capacité à rapporter de quoi boire....
     Il ne se servira pas de ses cordes ce soir... Les points de suspension ne lui plaisent pas, trop nombreux, trop proches les uns des autres, trop de monde...Mais je danse avec mes amis, tandis qu'Il fume et que notre jeune russe déambule, je bavarde aussi, et surtout je regarde... Près du bar, il y a deux boas magnifiques, que j'ai déjà vus à la Fetnight : on me racontera plus tard que les vigiles à l'entrée ont été quelque peu surpris, car leurs directives ne prévoyaient pas si oui ou non, il fallait leur interdire l'entrée... Puis je réussis à me poser sur l'un des balcons, et sur les genoux d'un de mes complices, en compagnie de sa femme et d'autres amis.
     Le temps passe trop vite, et je me suis fixée une limite horaire, pour pouvoir dormir quelques heures avant d'aller travailler... Il est temps de reprendre ma petite voiture et de rentrer, des images plein les yeux...
    Beaucoup de gens ont posté des critiques négatives... Sans doute, "c'était mieux avant", aux Crayères, mais compte-tenu des difficultés rencontrés par les organisateurs, il n'était sûrement pas facile de satisfaire tout le monde...Personnellement, j'attends la prochaine édition avec impatience, dans un autre lieu et un meilleur jour pour moi :). Ma première Démonia ne sera pas la dernière !

vendredi 27 mai 2016

Midnight ropes...

Dimanche 22 mai 2016

     
     Après la délicieuse soirée d'hier, nous avons paressé longuement... Mais sur la fin de l'après-midi, je retrouve l'envie d'être dans ses cordes, même un tout petit moment.... Il se fait prier, hésite, tergiverse mais accepte finalement au tout dernier moment, alors qu'il est déjà bien tard.
© Ryôko Kimura
      "Apporte-moi deux cordes ! Et ici, à genoux !"...J'aime  quand il se montre aussi impérieux et je m'exécute sans attendre, au cas où il changerait encore d'avis.... Le TK s'enroule rapidement autour de moi, solide et contraignant.... Je l'entends respirer fort contre mon oreille, alors que ma tête roule sur son épaule.... Mon souffle s'accorde vite au sien, et je sens que je m'envole une nouvelle fois, proie toujours consentante, et heureuse de son impuissance....Je sais bien à la manière de qui il m'attache ce soir, et quand les mots grossiers que je n'apprécie pas habituellement sont prononcés, je ne suis ni surprise ni choquée, ils participent de ce jeu qui me procure tant d'agréables frissons.... Je reste à ses genoux, ligotée et pourtant libérée, et quand il me dit "Je te laisse attachée le temps d'une cigarette !", il rit de m'entendre répondre "Ne fume pas trop vite alors...". Pour la peine j'aurais droit à deux cigarettes :). il m'ordonne de tourner la tête, en me disant qu'il ne veut pas voir ma figure, mais ses cordes.... Il est toujours difficile de décrire précisément ce que je ressens dans ces moments-là...Moi qui ai tant de mal à accepter de perdre le contrôle, je lâche prise avec jubilation, sans même résister....
     Puis il me détache et me demande : "Que préfères-tu ? L'attachage ou le détachage ?". Ma réponse immédiate est que j'aime les deux, l'attachage pour ce lent envol qu'il me procure, et la délicieuse appréhension de ne jamais savoir comment il va m'attacher, et le détachage parce que j'aime ce retour sur terre si doux....Il m'est répondu que je dois choisir et que je n'ai droit qu'à une seule réponse... Alors si je dois choisir, ce sera l'attachage, les cordes qui dessinent des entrelacs compliqués sur moi, la contrainte qu'elles m'imposent, qu'il m'impose...et le décollage qui s'ensuit. Et maintenant que j'y pense, c'est aussi la raison pour laquelle je préfère le décollage à l'atterrissage en avion !

lundi 23 mai 2016

"I am your secretary" :)

Samedi 21 mai 2016     

 À cette nouvelle soirée "Jeux interdits" où j'ai retrouvé des amis chers,  il m'a attachée, pincée (il paraît que je n'étais pas assez détendue ^^), menacée ("Si tu ne te détends pas, je ne t'attache plus !", vraiment sadique cela :) ) suspendue, fouettée,  cravachée.... J'ai aimé la tendresse dans sa voix qui atténuait les mots et les maux, subtil mélange qui contribue toujours à mon envol.
 Puis alors que je reviens doucement sur terre,  au sens propre comme au sens figuré,  l'ordre tombe: "Va me chercher un café !". Je le regarde,  interdite, car le takatekote retient encore solidement mes bras croisés dans mon dos.... "Oui,  comme ça,  débrouille-toi !". Il affiche un grand sourire mais c'est bien un ordre...qui n'est pas sans me rappeler   un film que nous aimons beaucoup tous les deux.... Je me dirige vers le bar,  les yeux baissés, mais souriante d'un sourire qu'il ne voit pas, car je sais qu'il ne manquera pas d'amis pour m'aider dans cette tâche difficile. Je retrouve l'élève attacheuse dont je suis le modèle sur l'Île Enchantée depuis septembre dernier ... "Monsieur veut un café,  tu peux m'aider s'il te plaît ?". Je suis sûre de pouvoir compter sur elle et elle ne me déçoit pas.  La tasse brûlante bien enveloppée dans des serviettes en papier repose maintenant dans mes mains,  et je la tiens solidement.... Mon attacheuse,  inquiète,  me suit,  de peur d'une maladresse.  Je glisse à tout petits pas dans mon yukata rouge,  yeux toujours baissés, parfaite image de la soumission, un large sourire malicieux caché dans mes cheveux dénoués, tandis qu'il me regarde approcher en souriant aussi, un peu interrogateur... J'entends à peine les rires, et je devine les sourires sur mon passage.... Il me regarde traverser la salle, j'arrive devant lui,  et sans rien dire,  je me retourne lentement pour lui présenter la tasse.... Il éclate de rire avant de la prendre, et me félicite.  Je suis très fière d'avoir relevé le défi... Pour me remercier, il pose la tasse très chaude sur mon sein découvert mais je sais qu'il prend garde de ne pas réellement me brûler et ce n'est qu'un jeu de plus entre nous...J'aime quand il me dit que je l'ai tout de même surpris, lui qui me surprend si souvent dans ses cordes...:). 

dimanche 8 mai 2016

Moments de grâce....

Samedi 23 avril 2016, à la Fetnight

     Il a dit qu'il voulait m'attacher nue, ou presque... A son ordre, j'ai enlevé tour à tour, sans la moindre hâte,  mon collier noir,  mes chaussures aux talons de 16 cm, mes bas, mon jupon de dentelle transparente, puis mon corset de velours et de satin violet, devant tous les invités présents...
     Me voilà en shorty de dentelle noire, je ne vois et je ne regarde que lui, quoique les regards posés sur ma nudité ne me troublent en rien....
    Je le suis jusque sous le bambou, je ne sais pas ce qui m'attend, je ne le sais jamais, mais je suis comme toujours en confiance. Il assure le TK autour de mon buste, j'aime ces moments sensuels et hors du temps...Déjà ma tête roule sur son épaule tandis qu'il passe la corde sous mes seins, je sais que le voyage va être beau. Je le regarde intensément dans les yeux, il lit le défi dans les miens et la gifle claque, sonore, sur ma joue, me laissant l'oreille bourdonnante. Je sais ce que je risque en le provoquant, et il sait combien le jeu m'amuse....Il me veut la tête baissée, comme honteuse de cette exposition contre laquelle je ne peux rien, mais il m'est impossible de ressentir la moindre honte, ni de mon corps exposé, ni d'être à sa merci. Me voilà attachée au bambou, immobilisée les mains dans le dos par le TK, presque obligée de rester sur les demi-pointes... La cravache claque, il y va fort et pourtant je sais comme ses gestes sont toujours maîtrisés, même quand il donne cette impression de violence. Je retiens tout de même mes cris, car la cravache me cingle sur les récentes traces de fouet qu'il m'a laissées, et sur les plus récentes encore traces de martinet de mon complice préféré, qui a eu envie de jouer la veille (mais c'est une autre histoire que je vous raconterai peut-être un autre jour). Je me tourne pour lui offrir le côté le moins douloureux, et si je tressaille à chaque coup, la douleur devient vite exquise, mélange de chaleur et de piquant qui contribue à me faire sortir de moi-même...
   
Pic by Daniel Power
Il attache une jambe, repliée sur elle-même, puis passe une nouvelle corde à mon autre cheville. Je sais ce qui va se passer, et une part de moi reste vigilante, attentive à l'aider, tandis que l'autre est déjà loin. Me voilà suspendue, dans cette position qu'il aime bien, en une sorte d'arabesque en l'air, pointes de pied bien tendues.
     L'assistance est nombreuse et attentive autour de nous, mais nous sommes dans notre bulle et ne voyons ni n'entendons ce qui se passe. Il délie une corde, et je me retrouve la tête en bas, dans cette position en apesanteur que j'aime tant... Je ne suis plus tout à fait là, je n'ai plus conscience que de la magie du moment,  tandis qu'il me fait tourner lentement sur moi-même...Je me sens bien dans ses cordes, les tensions sont parfaitement équilibrées et je ne ressens aucune douleur, même si le spectacle est impressionnant, je le sais...
     Puis il change à nouveau quelque chose dans les noeuds qui m'emprisonnent et me voilà de nouveau à l'horizontale...Il se jette brusquement à terre de tout son poids, provoquant mon envol au sens littéral comme au sens figuré... C'est un véritable moment de grâce et une part de moi a conscience du beau spectacle que nous offrons, et des murmures et des applaudissements des spectateurs... Cette fois, des hauteurs où je plane, dans tous les sens du terme,  je le regarde dans les yeux, sans aucune gêne, sans aucune honte, sans aucun autre sentiment qu'une immense et jubilatoire fierté, fierté d'être belle dans ses cordes,  fierté d'être à la hauteur de ses attentes, car je sais que je le suis dans cette performance bien plus longue et encore plus intense qu'à l'habitude...Et aussi joie profonde de le retrouver tel qu'en lui-même ce soir...

    Puis il me ramène à terre doucement et délie peu à peu les cordes... Je prends bien garde à ne pas relever la tête, mais ne peux m'empêcher de lui jeter des regards malicieux à travers mes cils baissés. Il défait les derniers noeuds qui retiennent mes mains, puis accompagne mes bras le long de mon corps. Ses mains sur mes épaules sont douces et je reviens peu à peu sur terre...
  Mon amie Clarissa s'approche pour me dire justement combien c'était beau et combien il l'a impressionnée par sa maîtrise, des compliments qui me touchent beaucoup...
    Il me dira après qu'il a restitué ce soir-là avec moi un show qu'il a souvent réalisé dans différents festivals, et aussi que je l'ai très bien supporté. Et le lendemain, nous dormirons quasiment toute la journée, tant le moment a été intense....